mardi 6 novembre 2018

octobre 2018

Je retourne à Lyon pour un nouveau stage de butoh, cette fois animé par Maki Watanabe (la compagne de Gyohei Zaitsu), et en discutant avec Brigitte C., organisatrice de l'événement, je prends conscience que j'ai du mal à dater ma dernière venue. Etait-ce au dernier stage donné par Gyohei en juillet 2017 ? Non, je me souviens d'un vilain temps incompatible avec ce mois d'été, et les détails que Brigitte me donne concernant le déroulé de ces journées me confirment que ce n'est pas cela.

Après vérification, je vois que c'est en avril 2017 que j'étais venu. Un carnet lyonnais ici en porte la marque. Depuis cette date, information pour les touristes, la fontaine Bartholdi de la place des Terreaux est visible, toute rénovée, et ses chevaux ont retrouvé leurs naseaux fumants. Quand j'habitais dans la ville, il y a trente ans, la fontaine n'occupait pas cet emplacement. Elle était située à l'opposé de l'Hôtel de ville, sur l'un des petits côtés de la place, et non pas comme aujourd'hui, au centre de l'un de ses grands côtés. Il me semble que la place en paraissait plus vaste. Ou alors en va-t-il de mes souvenirs de jeunesse comme de ceux de la petite enfance, où les dimensions qu'a enregistrées la mémoire sont souvent très exagérées par rapport à celles que la réalité nous montre par la suite quand on retourne sur les lieux visités dans le passé.
Maki Watanabe lors d'une performance à la galerie Jean Fournier, à Paris.

Cette fois, je n'ai fait aucune photo, ni de la ville, ni du lieu du stage, ni du charmant studio que j'occupais à deux pas de la salle de danse. Pour les amateurs, quelques images de Maki prises à une toute autre occasion : un happening à la galerie Jean Fournier, à Paris, lors d'une exposition de Fabienne Gaston-Dreyfus.

septembre 2018

Escapade à Mohammedia le temps d'une formation avec James Kepner, et quelques heures tranquilles  (un jour et demi) à Rabat.



août 2018

Escapade à Zurich le temps du Body and Freedom Festival. Histoire, au départ, de voir danser Gyohei Zaitsu, qui, finalement, ne se montrera pas. Qu'importe, la ville recèle de nombreux bonheurs.








vendredi 17 août 2018

derniers jours à l'Orangerie

L'exposition se termine le 20 août et ce serait vraiment dommage de la louper. 

L'abstraction américaine et le dernier Monet, c'est une petite sélection des peintres américains des années 1950 qui, à la suite du Monet ultramoderne des Nymphéas, vont développer une forme d'expressionnisme abstrait. On y retrouve des oeuvres des artistes évoqués dans le billet précédent (de Kooning, Pollock, Newman) mais aussi de l'incontournable Joan Mitchell, de Philip Guston, Morris Louis etc., alternant avec des toiles du maître de Giverny.
Les salles sont malheureusement petites et bas de plafond, mais c'est ainsi, c'est la vie.

L'expo est l'occasion de lire (ou de découvrir) les analyses pertinentes du critique Clement Greenberg et de se rappeler que certains, à l'inauguration de l'Orangerie, voyaient dans la série des Nymphéas  "la plus grave erreur artistique commise par Monet". Sans commentaire.

Ellsworth Kelly, Tableau vert, 1952.
Willem de Kooning, Villa Borghese, 1960.

jeudi 16 août 2018

les frondeurs de l'art

  
  Page 343. "Le grand événement du monde de l'art en 1973 fut la vente aux enchères Scull chez Sotheby Parke Benet, le 18 octobre. A cette occasion, l'une des peintures qu'Andy avait réalisée au début des années 1960 partit pour 135 000 $, battant son record. Andy était content, mais pas tant que cela : un Jasper Johns atteignit les 250 000 $, écrasant le record de toutes les oeuvres contemporaines jamais vendues aux enchères, plus qu'un Kooning à 180 000 $ ou un Barnett Newman à 155 000 $. [...]
     La vente Scull représente un cap dans l'histoire du monde de l'art. Ce fut la première vente d'art contemporain a attirer un vaste public, et pas seulement les marchands d'art ou les collectionneurs, les gens se battaient pour entrer chez Sotheby's comme ils se battraient plus tard pour entrer au Studio 54, des caméras de télévision enregistrant toute cette pagaille.
     Ce fut également la première protestation des femmes artistes à un événement artistique, car aucune des 50 oeuvres n'appartenait à une femme. Ce fut aussi la dernière fois où des artistes, menés par Robert Rauschenberg qui brandissait une pancarte ("SCULL EST UN PORC"), protestaient contre la commercialisation de leurs oeuvres par des collectionneurs."

     Page 667. "Je suis quasi sûr que l'idée des Piss Paintings provient  d'amis qui lui ont raconté ce qui se passait au Toilet*, puis qu'elle a été renforcée par la vision des punks pissant dans sa galerie parisienne le soir du vernissage**. Il connaissait aussi la fameuse scène du film de Pasolini sorti en 1968, Théorème, ou un artiste en herbe urine sur ses tableaux. "C'est une parodie de Jackson Pollock", m'expliqua-t-il, faisant référence aux rumeurs selon lesquelles Pollock pissait sur une toile avant de la livrer à un marchand d'art ou à un client qu'il n'aimait pas."

*The Toilet était une boîte gay à NewYork (400 W. 14th Street) qui, comme son nom l'indique, était dévolue aux pratiques uro.
** Il s'agit du vernissage de l'exposition Hammer and Sickles, en mai 1977, chez Daniel Templon. Le vernissage avait été troublé par l'arrivée de dizaines de punks.

Extraits du livre Holy Terror (Andy Warhol confidentiel), de Bob Colacello, édition Séguier.