jeudi 16 mars 2017

Ninja, bis


J'ai eu du mal à retrouver le premier billet intitulé de la sorte, Ninja, dont celui-ci ne sera qu'un double. 

Même trouvaille, même superstition (lire le précédent billet pour comprendre)...

Ne changent que le lieu (Paris plutôt qu'Ibiza) et la mise en scène : cette tortue-là n'est pas prise en photo sur le lieu de sa découverte, je lui ai trouvé chez moi un environnement vaguement jungle. 
Elle n'a pas l'air commode : c'est l'amour vache, plutôt que tortue ?

Cette fois-ci, je tague le billet, afin de le retrouver facilement.

lundi 13 février 2017

I'm not a crook

Je commence un livre dont j'ai entendu parler récemment, réputé pour sa drôlerie, et qui date d'une dizaine d'années déjà. Il s'agit de la Lamentation du prépuce, de Shalom Auslander, édité maintenant en format poche, chez 10/18.
Je n'en suis qu'au tout début, et à la page 41, l'auteur raconte comment, enfant, pour tenter de faire diversion dans des moments de crise familiale, notamment autour du dîner, il commença à "faire Nixon".
Extrait, puis explication :

"[...] Étendant les bras de part et d'autre, je les ramenais rapidement contre moi en adoptant une version modifiée de la position du Penseur, soutenant mon coude gauche de ma main droite, la gauche calée sous mon menton. La tête dans les épaules, branlant du chef, je remontais toute la longueur de la table d'un pas traînant, sans cesser de répéter :"Je ne suis pas un voleur, je ne suis pas un voleur..."
- Mais qu'est-ce qu'il fait ? s'étonnait chaque fois ma mère en lâchant un rire désespéré.
- Il fait Richard Nixon, expliquait mon frère.
- Qu'est-ce qu'il y connaît à Richard Nixon?
Rien. Simplement j'avais vu un type exécuter la même pantomime à la télé, un nommé Dan Aykroyd que je ne connaissais pas plus que Nixon mais qui avait fait rire tout le monde, ce qui ne m'avait pas échappé. En réalité c'est Dan Aykroyd que je croyais imiter.
Mon père s'efforçait de rester fâché mais au bout de quelques allées et venues nixoniennes il ne pouvait plus réprimer un sourire. L'orage était passé [...]"


Ce à quoi il est fait allusion dans ce passage, c'est à un moment particulier et iconique du Watergate, Cette phrase, "I am not a crook" (qu'en français on traduirait plutôt par "Je ne suis pas un escroc") , est restée comme le symbole de la duplicité, de la cupidité et des mensonges de Richard Nixon. C'est un peu le "J'aime ma femme" ou le "Tout cela est parfaitement légal" de François Fillon.

C'est le 17 novembre 1973. L'affaire du Watergate a débuté en juin 72, tout doucement, sans être une affaire d'état, puis au fur et à mesure des investigations, le rôle des proches du président et enfin de la maison Blanche elle-même apparaît. Le petit scandale du cambriolage initial amène à découvrir tout un dispositif d'actions secrètes, qui a pour corollaire tout un système de financement occulte avec détournements de fonds. Tout cela se fait crescendo et n'a pas empêché l'élection de Nixon en novembre 1972. 
Au milieu des multiples révélations, l'opinion publique apprend que le président ne paye quasiment pas d'impôt, ce qui, à la faveur de différents montages, est parfaitement légal (ça nous rappelle quelque chose...), mais pas très moral pour autant.
Le même Richard Nixon qui avait déjà fait affirmer par son porte-parole "La Maison Blanche n'est absolument pas impliquée dans cet incident" (le cambriolage de l'immeuble du Watergate), ce même agneau au cœur pur se résout à faire, devant les caméras de télévision, un exercice de transparence, qui nous rappelle aussi quelque chose, décidément : "I'm not a crook". (vidéo ci-dessus : https://www.youtube.com/watch?v=sh163n1lJ4M)
Le truc est tellement énorme que l'humoriste Dan Aykryod s'en saisit (on trouve aussi son sketch sur Internet).


Il n'est pas inutile de rappeler qu'au cours de ces mois tumultueux, la Maison-Blanche qualifiait l'enquête journalistique en cours de "tentative d'assassinat politique".

exercices de style 9

"Oune giorne en pleiné merigge, ié saille sulla plataforme d'oune otobusse et là quel ouome ié vidis? Ié vidis oune djivanouome au longué col avé de la treccie otour d'où cappel"...

C'est le chapitre Italianismes d'Exercices de style qui s'impose pour ce couple aperçu, non pas à midi dans le bus, mais le soir à la Fondation Sacamain. Je l'avais pris pour un couple d'anglais, intrigué cependant par cette façon que les deux avaient de marcher enlacés, car du dehors du bâtiment jusqu'aux salles d'exposition de la collection Chtchoukine, ils ne s'étaient pas désoudés. Finalement à les entendre, il apparaissait qu'ils étaient donc italiens. 

La scénographie de l'exposition est rythmée par des reproductions photographiques XXL de l'assemblage de la collection dans le palais Troubestkoï, assorties de commentaires historiques dont celui-ci : "Les tableaux sont étroitement rapprochés l'un de l'autre et, au début, on ne remarque même pas où l'un finit et où commence l'autre..." L'impression que l'on a aussi en regardant nos tourtereaux italiens.

L'exposition Icônes de l'art moderne, la collection Chtchoukine est prolongée jusqu'au 5 mars. Fondation Sacamain, 8, avenue du Mahatma Gandhi, Bois de Boulogne, 75116 Paris.
Exercices de style, de Raymond Queneau, est publié aux éditions Gallimard.

jeudi 2 février 2017

Bla Bla Land

Alors que le film de Damien Chazelle manque cruellement de seconds rôles et de rebondissements (mais reste un divertissement acceptable), le couple moins charmant de Péné et Fanfan Fripon produit une cacophonie insupportable.
Au lieu de quitter la scène la tête basse ("pardon, je suis une merde, je mens et je pique de l'argent public depuis 1988"), les deux complices s'entourent d'acteurs et de figurants au talent inexistant, sauf celui de faire rire à leurs dépens - attachée de presse, collègues ou amis qui inventent les scénarios les plus improbables (dernier en date, Longuet sur BFM).
Comment les obliger à quitter l'espace médiatique (et à retourner au dictionnaire, pour consulter la définition des mots "coup d'état", "institutionnel" et "probité") ?

Mais dans ce Bla Bla Land étonnant, qui doit sidérer les observateurs des autres pays démocratiques, les réactions à la primaire de la gauche laissent aussi pantois. Une partie du PS "accepte" le candidat élu à condition qu'il cautionne et valide le bilan et le programme du candidat débouté. Drôle de conception de la démocratie : j'accepte tes différences à condition que tu penses comme moi. 
Certains députés, qui ont été élus sous l'étiquette du PS, et doivent donc à cela leur poste et leur salaire, déclarent sans sourciller se rallier à un candidat qui lui se décrit ni de droite ni de gauche.
Soit, mais dans ce cas il faut démissionner.

Du balai, quoi.

Ce qui m'incite à poster cette vidéo de Mary Poppins, indépassable dans l'art du rangement, avec cette façon de faire sans ne rien faire, ou de ne rien faire en faisant.
Bref, comme notre double Péné.

samedi 14 janvier 2017

solde de tout conte...

Quand je fais les soldes et que je me crois toujours dans les années quatre-vingt...