jeudi 31 mai 2012

avant après

J'ai crains de vivre avec mes photos ibizencas de l'année passée le même scénario qu'avec celles réalisées au Havre que j'avais cherchées en vain pour les publier ici à propos du film 38 témoins (vendredi 16 mars). Ces dernières ont bel et bien disparues à l'occasion d'une mise à jour informatique mal orchestrée.
Elles n'ont rien de très précieux ces images d'Ibiza, mais elles documentent pour les amateurs l'avancée de quelques travaux dans la ville, si on les compare avec celles que j'ai faites la semaine dernière : elles sont distantes les unes des autres d'un an exactement.


Une amie me glissait au sujet d'anciens billets : "ce qui est bien avec ton blog, c'est qu'on apprend par exemple qu'à Ibiza il y a de vielles pierres..." C'est peu dire. L'île est célèbre pour abriter la plus grande nécropole punique (plus de 3000 tombes), et les quelques ruines de la première implantation phénicienne, à Sa Caleta, dateraient du VIIIe siècle avant JC. On sait que ce premier site fut abandonné au profit de la baie d'Ibiza.
Voilà pourquoi le feuilleton de la construction d'un hôtel Parador en haut de la vieille ville, Dalt Vila, ceinte d'un double appareil de remparts, peut laisser perplexe. Je crois que j'ai entendu parler de ce projet pendant quinze ou vingt ans ! Aussi, j'étais très intrigué que celui-ci voit enfin le jour, chose que je découvris l'année dernière. Mais encore plus interloqué de constater que les travaux débutés étaient retardés, car, ô "surprise", les ouvriers avaient mis à nu des restes arquéologiques ! (On se pince, chuchoterait l'ami C.)
Mai 2011, mai 2012. Sur l'image de droite, on remarque
devant les remparts un grand bâtiment au toit pentu, lui-aussi fraîchement
restauré. Il n'est pas tout à fait terminé. C'est l'ancienne Comandancia militar
qui devient centre d'archives et centre d'études : il y a deux étages crées
en sous sol, avec auditorium, bibliothèque etc.
Le site est assez difficile à occuper. Derrière une cathédrale, différents bâtiments d'époques variées, en ruine, s'adossaient les uns aux autres. Il a fallu imaginer des parkings très extérieurs aux zones entourées de remparts, qui communiqueraient avec l'hôtel via des tunnels puis des ascenseurs. Tout cela dans un ensemble classé au patrimoine mondial de l'Unesco. Voilà pourquoi on s'étonne à juste titre que des recherches archéologiques n'aient pas été faites avant le lancement du chantier.
Tout à fait à droite, la Maison du gouverneur, toujours éventrée.
À gauche des tours de pierre, ont été dressés les volumes que l'on voit en
photo de gauche, pour lesquels une hauteur de un ou deux mètres
supérieure aux anciens vestiges a été autorisée.

C'est dans la Maison du gouverneur que les vestiges d'un temple romain ont été mis à jour (Ie siècle av ou ap JC), puis, plus profondément, des traces de bâtis puniques (VIIe siècle av JC). Juste à l'emplacement d'un des ascenseurs qui devait conduire les clients à l'hôtel... Un temple au sein d'une acropole, quoi de plus banal. Des années de palabres et ne pas avoir anticipé cela, c'est amusant. D'autant que la nécropole Puig des Molins que j'évoquais plus haut n'est qu'à 1 ou 2 km. 
Au même moment, non loin de là, à Figueretas, on mettait d'autres ruines à l'air libre en creusant pour construire une école.

5 commentaires:

  1. Je suis bleu... à la lecture de ce post, tellement je me suis pincé. Évidemment, on ne pouvait trouver là que des vestiges très anciens ; attendons que l'on nous apprenne que sous le temple romain, on a découvert une occupation encore plus ancienne... Pour le coup, je ne trouve pas cela amusant quand "Paradores", UNESCO et l'équivalent espagnol de l'INRAP (Institut National de Recherches Archéologiques Préventives) sont concernés. Et les conservateurs du patrimoine, les associations locales, ils font la siesta ?
    L'ami C. va se pencher sur l'affaire.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Non, il n'y a pas à attendre, on a de suite découvert les traces de bâtis antérieurs au temple romain comme je l'indique. L'hypothèse toujours avancée par les arquéo que Dalt Vila serait le second site d'occupation phénicien après Sa Caleta se confirme, mais de quelle façon !

      Supprimer
  2. Petite précision: on apprend pas grand chose sur le net, à part le fait que c'est la mairie d'Ibiza, propriétaire du château qui l'a vendu à Paradores, entreprise publique avec la bénédiction de l'UNESCO, histoire de préserver le patrimoine qui sera désormais accessible à quelque 150 riches. Les temps de crise arrangent toujours certains. On pourra trouver d'autres d'exemples de paradores en construction dans des lieux espagnols prestigieux. Ceux que l'affaire intéressent liront sur des sites anglais des brèves un peu caustiques sur les péripéties du chantier et trouveront sur l'un d'eux quelques photo.

    RépondreSupprimer
  3. Ah c'est amusant je n'ai pas pensé à regarder la presse anglo saxone. Curieusement dans aucun article espagnol que j'ai lu il n'y a la moindre allusion caustique où la moindre question posée. J'ai trouvé des photos assez détaillées du chantier aussi sur terraeantiqvae.com.

    RépondreSupprimer
  4. J'avais bien lu au sujet de l'occupation punique : j'ai écrit sans relire. Ma curiosité était de savoir si les archéologues avaient sondé la strate cathaginoise. L'occupation humaine avant les Cathaginois (et avant les Phéniciens) est prouvée à Ibiza...

    RépondreSupprimer