dimanche 25 mars 2012

exercices de style 4



Lorsqu'il est entré dans le métro à Strasbourg-Saint-Denis, j'ai été tenté de lui sourire comme on le fait parfois avec des personnes agissant en toute conscience de façon un peu excentrique. Mais à son visage fermé j'ai de suite compris que son parti pris vestimentaire n'était pas là pour faire ricaner. J'ai imaginé qu'il avait fait une tentative de réappropriation du style british, ce mélange des genres qui ose chemise à carreaux avec veste prince-de-galles, ou pantalon pied-de-poule avec veston à chevrons. Une opération, dans ce cas-là, qui aurait été réalisée avec les moyens du bord.

Je n'avais que l'espace de quelques stations de métro pour le prendre en photo. Son corps adoptait une position aussi verrouillée que son visage qui me laissait penser que s'il s'apercevait de quelque chose, il le prendrait plutôt mal. Ensuite je me suis dis : il est peut-être parti de chez lui le matin d'humeur clown, primesautier comme Achille Talon, puis dans la journée une tuile ou une mauvaise nouvelle lui serait tombée dessus et il ne sait comment répondre à tous ces regards qui cherchent en vain le nez rouge assorti à son costume ?...


"Un dai vers middai, je tèque le beusse et je sie un jeugne manne avec une grète nèque et un hatte avec une quainnde de lèsse tresssés. Soudainement ce jeugne manne bi-queumze crézé et acquiouse un respectable seur de lui trider sur les toses. Puis il reunna vers un site eunoccupé.
A une lète aoure je le sie égaine : il vouoquait eupe et daoune devant la Ceinte Lazare stécheunne. Un beau lui guivait un advice à propos de beutone."
Chapitre Anglicismes, Exercices de style, Raymond Queneau, éd. Gallimard.




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